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Nappe et sous-sol

La nappe de la craie et votre puits dans le Nord

4 min de lecture
La nappe de la craie et votre puits dans le Nord

La nappe de la craie est la principale réserve d’eau souterraine du Nord et du Pas-de-Calais, et la plupart des puits de la région y puisent. Selon les services de l’État, elle fournit 90 % de la ressource en eau potable du bassin Artois-Picardie.

Comprendre cette nappe aide à savoir si un puits est possible chez vous, à quelle profondeur, et pourquoi son niveau change d’une saison à l’autre.

Où passe la nappe de la craie dans la région ?

L’état des lieux des eaux souterraines publié en 2008 par les services de l’État dans le Nord la décrit comme le château d’eau de la région. On la trouve sous presque toute la région, le Boulonnais et l’est du Nord mis à part.

Le même document compare l’Artois à une éponge. La craie y absorbe la pluie et la restitue lentement.

À quelle profondeur trouve-t-on l’eau ?

Cela dépend du relief. Voici ce qu’en dit ce même document.

  • dans certaines vallées, comme celles de la Canche, de la Scarpe et de l’Escaut, la craie affleure presque ;
  • sous certains plateaux du Cambrésis et de l’Artois, elle se trouve à plus de 30 mètres ;
  • sur les plateaux les plus hauts, elle peut descendre jusqu’à 40 mètres.

Les services de l’État ajoutent que la productivité est faible sur les hauts plateaux. Autrement dit, même en creusant profond, on y obtient parfois peu d’eau.

Pour un particulier, la conséquence est simple. Au fond des vallées, l’eau est assez haute pour un puits creusé. Sur un plateau, on se tourne plutôt vers un forage.

Source claire au pied d’un talus de craie dans une vallée de l’Artois

Libre ou captive, deux visages de la même nappe

Sous les vallées recouvertes d’alluvions, la craie est très productive, souvent plus de 100 mètres cubes par heure selon le document de 2008. L’eau y est captive, c’est-à-dire coincée sous une couche moins perméable.

Quand la craie s’enfonce sous l’argile sur plus de quelques centaines de mètres, elle devient compacte et donne peu d’eau. C’est le cas sous les sables des Flandres et du bassin d’Orchies.

Le livret de l’Agence de l’eau Artois-Picardie précise que dans ces secteurs, l’eau est naturellement riche en fer et en manganèse. Elle peut se colorer en rouge ou en noir et laisser des dépôts.

Comment la nappe se recharge

La recharge suit un rythme précis. Selon les services de l’État, la nappe se remplit surtout grâce aux pluies d’octobre à janvier. Son niveau monte ensuite jusqu’à un maximum, en général en avril, avec environ trois mois de décalage.

En été, l’évaporation et les plantes captent l’eau de pluie avant qu’elle ne s’infiltre. Seules les « pluies efficaces », celles qui passent ce filtre, rechargent la nappe. Plusieurs hivers secs de suite pèsent donc lourdement.

L’Agence de l’eau indique une vitesse de transfert de l’eau de pluie dans la craie de 0,5 à 1 mètre par an. Sous un plateau où la nappe dort à trente mètres, la pluie met donc plusieurs dizaines d’années à l’atteindre.

Une nappe qui fait vivre les rivières

Le document de 2008 rappelle que, quand il pleut peu, la nappe assure 80 % du débit de la Somme, de l’Authie et de la Canche. Elle assure aussi 70 % de celui de la Lys, de l’Aa et de la Selle.

C’est pour cette raison que les préfectures surveillent de près les niveaux de nappe en période sèche, et prennent des mesures de restriction.

Une nappe sensible aux pollutions de surface

Le livret de l’Agence de l’eau rappelle que les nitrates et les pesticides présents dans la nappe viennent des activités humaines. En 2011, 9 stations de mesure sur 186 dépassaient 50 milligrammes de nitrates par litre.

Le même livret signale des pesticides détectés dans la moitié des stations. Comme l’eau traverse la craie lentement, ces traces peuvent persister longtemps. Raison de plus pour passer par un laboratoire avant de boire cette eau.

Ce qu’il faut retenir pour votre puits

Le niveau d’un puits dans la craie baisse entre le printemps et l’automne. C’est normal. Il faut en tenir compte au moment de suspendre une pompe, ou de juger un puits en septembre.

Cette nappe fournit aussi l’eau potable de la région. Dans la métropole lilloise, la Métropole européenne de Lille indique que 40 % de son eau potable vient de la nappe de la craie, au sud de son territoire.

Puits ou forage selon votre secteur

Nous étudions la position de votre maison avant de proposer un puits ou un forage. Nous tenons compte de l’altitude, des ouvrages voisins et des données de la Banque du sous-sol. Si la craie est profonde, notre page forage d’eau pour particulier détaille l’autre solution.

Pour les coûts, consultez nos tarifs.

Bon à savoir

Questions sur ce sujet

Trouve-t-on la craie aquifère sous toute la région ?

Non. Selon les services de l’État, elle est présente partout sauf dans le Boulonnais et dans l’est du département du Nord, où d’autres roches portent l’eau.

En quels mois la craie se recharge-t-elle en eau ?

Elle se recharge surtout avec les pluies d’octobre à janvier. Son niveau atteint en général son maximum vers avril, avec environ trois mois de décalage.

Pourquoi l’eau de la craie met-elle du temps à réagir ?

L’Agence de l’eau Artois-Picardie indique que l’eau de pluie traverse la craie à une vitesse de 0,5 à 1 mètre par an. Une pollution ou une recharge peut donc mettre des années à se faire sentir.

La nappe lue avant le devis

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